Le pharaon renversé. Dix-huit jours qui ont changé l'Egypte
Solé Robert
ARENES
Le peuple égyptien a renversé son Pharaon ; cela n était jamais arrivé en trois mille ans... Robert Solé nous raconte cette révolution de l intérieur.
5 questions à Robert Solé
Quels sont vos liens avec l Égypte ?
Je suis né en Egypte, dans une famille chrétienne, francophone, d origine syro-libanaise, installée sur les bords du Nil depuis des générations. Une famille devenue égyptienne mais baignant dans le cosmopolitisme d alors, cet univers sans frontières, plein de ferveur et d insouciance, où des personnes d appartenances différentes (musulmans, coptes, juifs, Arméniens, Grecs, Italiens, Français, Levantins...) avaient appris à vivre ensemble. Les turbulences de l Histoire devaient les contraindre à quitter le pays. J ai choisi pour ma part de m installer en France, à l âge de 18 ans. Depuis un quart de siècle, l Egypte, que j ai redécouverte, est devenue pour moi un objet d étude. Je ne me lasse pas de la déchiffrer, par des voyages, des rencontres ou des lectures. La quasi totalité de mes livres (romans, essais ou récits historiques) lui a été consacrée.
Pourquoi écrire un livre à chaud, alors que le mouvement continue ?
Ce mouvement ne fait que commencer. Mais tout s est joué en une vingtaine de jours, qui ont changé l Egypte. Ce sont ces vingt jours que j ai choisi de raconter, de la façon la plus précise, la plus détaillée possible, en éclairant à la lumière des changements considérables qu a connus l Egypte.
Peut-on considérer, d ores et déjà, ce qui s est passé comme une révolution ?
Sur place, tout le monde même les piliers du régime Moubarak parlent de « révolution ». Ce qui vient de se passer est inédit : pour la première fois dans l histoire du pays, c est un soulèvement populaire qui a renversé le pharaon.
Connaissant parfaitement ce pays, avez-vous, vous-même, été surpris ?
Oui, bien sûr, j ai été surpris. Comme les services de renseignements israéliens et américains, comme tous les analystes, comme les insurgés eux-mêmes... On savait que les événements tunisiens auraient une influence sur l Egypte, que toutes les conditions étaient réunies depuis des mois, sinon des années, pour qu une explosion sociale y ait lieu, mais personne ne prévoyait un mouvement de cette ampleur, avec les formes étonnantes qu il a prises. « Même en rêve, je n aurais pas imaginé une telle révolution », m a dit l écrivain égyptien Sonallah Ibrahim, qui a pourtant été l un des fondateurs du mouvement de protestation Kefaya (« ça suffit ») en 2004.
À vos yeux quel aura été l élément déterminant de cet immense basculement historique ?
L Egypte était depuis quelque temps dans une situation très paradoxale : un pays en plein repli identitaire, mais aussi en pleine communication avec le monde extérieur (grâce aux chaînes de télévision, au téléphone portable et à Internet). Cette ouverture inconnue du temps de mon enfance, sous Nasser, quand le courrier était censuré et que l on ne pouvait même pas écouter une radio étrangère a beaucoup favorisé cette « révolution en direct » que le monde entier a suivi sur le petit écran. Il ne faudrait pas la réduire pour autant à une « cyberévolution » : c est parce qu ils ont osé descendre dans la rue et affronter physiquement un régime policier que des adeptes de Facebook ont entraîné dans leur sillage tout un peuple, humilié, assoiffé de liberté, accablé par la hausse des prix et le chômage.
5 questions à Robert Solé
Quels sont vos liens avec l Égypte ?
Je suis né en Egypte, dans une famille chrétienne, francophone, d origine syro-libanaise, installée sur les bords du Nil depuis des générations. Une famille devenue égyptienne mais baignant dans le cosmopolitisme d alors, cet univers sans frontières, plein de ferveur et d insouciance, où des personnes d appartenances différentes (musulmans, coptes, juifs, Arméniens, Grecs, Italiens, Français, Levantins...) avaient appris à vivre ensemble. Les turbulences de l Histoire devaient les contraindre à quitter le pays. J ai choisi pour ma part de m installer en France, à l âge de 18 ans. Depuis un quart de siècle, l Egypte, que j ai redécouverte, est devenue pour moi un objet d étude. Je ne me lasse pas de la déchiffrer, par des voyages, des rencontres ou des lectures. La quasi totalité de mes livres (romans, essais ou récits historiques) lui a été consacrée.
Pourquoi écrire un livre à chaud, alors que le mouvement continue ?
Ce mouvement ne fait que commencer. Mais tout s est joué en une vingtaine de jours, qui ont changé l Egypte. Ce sont ces vingt jours que j ai choisi de raconter, de la façon la plus précise, la plus détaillée possible, en éclairant à la lumière des changements considérables qu a connus l Egypte.
Peut-on considérer, d ores et déjà, ce qui s est passé comme une révolution ?
Sur place, tout le monde même les piliers du régime Moubarak parlent de « révolution ». Ce qui vient de se passer est inédit : pour la première fois dans l histoire du pays, c est un soulèvement populaire qui a renversé le pharaon.
Connaissant parfaitement ce pays, avez-vous, vous-même, été surpris ?
Oui, bien sûr, j ai été surpris. Comme les services de renseignements israéliens et américains, comme tous les analystes, comme les insurgés eux-mêmes... On savait que les événements tunisiens auraient une influence sur l Egypte, que toutes les conditions étaient réunies depuis des mois, sinon des années, pour qu une explosion sociale y ait lieu, mais personne ne prévoyait un mouvement de cette ampleur, avec les formes étonnantes qu il a prises. « Même en rêve, je n aurais pas imaginé une telle révolution », m a dit l écrivain égyptien Sonallah Ibrahim, qui a pourtant été l un des fondateurs du mouvement de protestation Kefaya (« ça suffit ») en 2004.
À vos yeux quel aura été l élément déterminant de cet immense basculement historique ?
L Egypte était depuis quelque temps dans une situation très paradoxale : un pays en plein repli identitaire, mais aussi en pleine communication avec le monde extérieur (grâce aux chaînes de télévision, au téléphone portable et à Internet). Cette ouverture inconnue du temps de mon enfance, sous Nasser, quand le courrier était censuré et que l on ne pouvait même pas écouter une radio étrangère a beaucoup favorisé cette « révolution en direct » que le monde entier a suivi sur le petit écran. Il ne faudrait pas la réduire pour autant à une « cyberévolution » : c est parce qu ils ont osé descendre dans la rue et affronter physiquement un régime policier que des adeptes de Facebook ont entraîné dans leur sillage tout un peuple, humilié, assoiffé de liberté, accablé par la hausse des prix et le chômage.
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EAN
9782352041535
Caractéristiques
EAN | 9782352041535 |
---|---|
Titre | Le pharaon renversé. Dix-huit jours qui ont changé l'Egypte |
Auteur | Solé Robert |
Editeur | ARENES |
Largeur | 146mm |
Poids | 400gr |
Date de parution | 01/06/2011 |
Nombre de pages | 244 |
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